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Pour limiter la propagation du Covid-19: Couvre-feu à partir de 21 heures

A l’issue d’une réunion du comité multisectoriel dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus présidée mardi dernier par le Président de la République au Palais de la Nation, treize  (13) mesures ont été adoptées pour tenter de limiter la propagation de cette pandémie. La mesure phare demeure l’instauration d’un couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin. Lequel entre en vigueur  à partir de ce vendredi 18 décembre 2020, sur toute l'étendue du territoire national. La reprise des cours au niveau de l'Enseignement supérieur et universitaire, a été reportée à une date ultérieure. De même, les vacances scolaires commencent anticipativement à partir de ce vendredi 18 décembre 2020. L’institution d’un couvre-feu suscite beaucoup de réactions, d’autant plus qu’il est annoncé que pendant le couvre-feu, la circulation des personnes munies de l'autorisation spéciale de l'autorité provinciale, à l'exception des personnes se trouvant dans la situation d'urgence sanitaire, est autorisée. La balle est dans le camp de l’Hôtel de ville qui doit adopter et publier en toute urgence les mesures d’accompagnement.

Désormais, un couvre-feu a été décrété, qui entre en vigueur dès ce vendredi 18 décembre 2020. La durée de ce couvre-feu n’est pas connue du public et l’opinion ne comprend pas pourquoi l’autorité a étendu cela sur tout le territoire national. Ceci ressort de la réunion du comité multisectoriel dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Coronavirus, présidée mardi dans la soirée par le chef de l'Etat au Palais de la Nation.

Outre le Président de la République, étaient présents le ministre de la Communication et Médias, Jolino Makelele ; le ministre de la Santé publique, Eteni Longondo ; l'Inspecteur général de la Police nationale, le Général Amuli ; le conseiller spécial du chef de l'Etat en charge de couverture des maladies universelles, Dr Roger Kamba ; le coordonnateur de l'équipe technique de la riposte contre la Covid-19, Dr Jean- Jacques Muyembe Tamfum.

À l'issue de cette réunion vespérale, plusieurs mesures ont été prises et lues par le ministre de la Communication et Médias, parmi lesquelles :

1. Instauration d'un couvre- feu de 21h à 5h du matin,

2. Application stricte des gestes barrières, notamment le port obligatoire des masques, la distanciation physique, le lavage des mains et la prise de température,

3. Interdiction des marches publiques, des productions artistiques et des kermesses,

4. Interdiction des cérémonies festives et des réunions de plus de dix personnes,

5. La poursuite des compétitions sportives à huis- clos,

6. Le transport des dépouilles mortelles directement au lieu d'inhumation, sans aucune cérémonie,

7. Fonctionnement des églises et des débits de boissons avant le couvre-feu en respectant scrupuleusement les gestes barrières,

8. Le respect strict des gestes barrières dans tous les lieux publics et privés, à savoir les véhicules, les trains, les avions, les motos...,

9. Le report à une date ultérieure de reprise des cours au niveau de l'Enseignement supérieur et universitaire,

10. Le début anticipé des vacances scolaires à partir de ce vendredi 18 décembre 2020,

11. La poursuite du test obligatoire pour les voyageurs internes et ceux en provenance de l'étranger ainsi que ceux en partance pour l'étranger,

12. La circulation, pendant le couvre-feu des personnes munies de l'autorisation spéciale de l'autorité provinciale, à l'exception des personnes se trouvant dans la situation d'urgence sanitaire,

13. Le contrôle strict de l'application de la présente mesure par la Police nationale congolaise.

Il faut noter que ces mesures entrent en vigueur à partir de ce vendredi 18 décembre 2020, sur toute l'étendue du territoire national.

Des questionnements

Même si toutes ces mesures étaient attendues du grand public, surtout qu’un travail en amont a été fait au niveau de la Primature, nombreux sont les Congolais qui estimaient que le couvre-feu allait être repoussé peut-être autour de 23h-minuit, au vu des difficultés de transports et de l’impraticabilité de certains tronçons dans la capitale Kinshasa et ailleurs. Qu’est-ce qui a conduit l’autorité d’arrêter le début du couvre-feu à 21 heures, pendant que tout le monde sait bien que la propagation est encouragée par des voyageurs, mais aussi elle se fait surtout pendant la journée ? Quelles dispositions ont été prises, par exemple pour la presse, pour permettre à celle-ci de bien faire son travail ?

C’est ici que doit intervenir en toute urgence l’Hôtel de ville, afin d’édicter des mesures d’application de cette décision gouvernementale qui entre en vigueur à partir de demain vendredi. Faute de quoi, l’on s’attendrait à des conflits permanents, entre la Police nationale congolaise et la population. Cet éclaircissement de l’Hôtel de ville est d’autant plus important qu’elle devra apporter des précisions, en ce qui concernent les Kinois pris dans des embouteillages.

Que faire alors aux heures de pointe où tout le monde cherche un transport pour se retrouver chez lui à la maison ? L’Etat compte-t-il ajouter d’autres moyens de transport en commun ? Sinon, la ville de Kinshasa a été construite de telle sorte que la population vienne  travailler en ville, et quelle retourne en empruntant la même route. Avons-nous prévu ce qui arriverait au cas où des Congolais se retrouveraient dans l’arrêt de bus, sans trouver de moyen de transport ? Aussi, qu’est-ce que la PNC fera à l’encontre de ceux qui violeraient le couvre-feu ? La Police a-t-elle aménagé des espaces pour ceux qui se retrouveront bloqués, parce qu’ils ne peuvent pas regagner leurs maisons après 21 heures ? Y-a-t-il des amendes prévues et il faut les payer chez qui ? Le mode de vie des Kinois prévoit un marché de nuit, communément appelé ‘’Bitula’’ (entendez les invendus). Ce marché compte l’essentiel de sa clientèle des gens qui retournent chez eux après avoir gagné hasardeusement un petit rien, pour garnir le sachet ‘’viva’’ qu’on a trimbalé  vide pendant  la journée.



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