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Réforme de la CENI et élections en 2023: Vers une tripartite extra-parlementaire Lamuka-USN et FCC

Fayulu signe sa proposition surréaliste

Au cours de la matinée politique de l'Engagement pour la citoyenneté et le développement (Ecidé) tenue au sein du stade municipal de Masina à Kinshasa, ce dimanche 18 avril 2021, le Secrétaire général de ce parti politique, le Pr Devos Kitoko a proposé la tenue d'une tripartite extraparlementaire sur les reformes de la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Sera-t-il écouté par d’autres partenaires, comme l’union sacrée de la nation du président de la République et le Front Commun pour le Congo (FCC) du président honoraire de la République ? Le dialogue qu’il souhaite risque de ne jamais avoir lieu, parce que pas opportun pour l’instant. Mais bien avant, il appelé à une marche partant de Masina Pascal dans la commune de Masina jusqu'au Boulevard triomphal qui débouche sur le Palais du peuple, en soutien aux victimes des atrocités dans l'Est de la Rdc.

Malgré les menaces de la météo, quatre doigts en l'air (numéro du candidat aux présidentielles de 2018, Martin Fayulu, Président de l'Ecidé), bannières de l'Ecide et Nouvel élan levées, bravant tonnerres et éclairs, une grande foule des militants de l'Ecidé commuant avec ceux du Nouvel élan du Premier ministre honoraire Adolphe Muzitu ont pris d'assaut le stade municipal de Masina environ deux heures avant l’heure prévue pour la matinée. C'est sous le coup de 16h00 que l'orateur du jour, le Pr Devos Kitoko, SG de l'Ecidé prendra la parole sous les ovations des 'résistants'. " Oui, vous êtes des résistants, car nous ne sommes pas à l'opposition. On nous a volés notre victoire et voilà qu'ils nous ont  plongés dans une crise de légitimité sans fin. La situation sociale se détériore au jour le jour et à l'Est, l'étranger dépeuple nos localités pour les remplacer par des occupants déguisés en réfugiés", lance le Secrétaire général. Pour lui,  seules des profondes réformes pourront venir à bout à cette situation. Si le pays est dans la situation désespérée, c'est parce que, estime-t-il, " on avait volé la victoire du peuple par des élections chaotiques entachées d'irrégularités".

Tout en insistant sur l'importance de l'unité nationale, le SG Kitoko a mis en garde quiconque proférera des propos haineux ou tribalistes durant tout le déroulement de la manifestation, car la vision de l'Ecidé est de " bâtir un Congo prospère qui va offrir à chaque congolais la possibilité d'améliorer son quotidien ", ce qui ne peut être possible que s'il y a concorde nationale. Voilà pourquoi, le 24 avril 2021, Lamuka appelle à une marche en solidarité aux résistants de Beni, Butembo, Lubero et tout l'Est. Toutefois, Lamuka que dirige actuellement le Pr Adolphe Muzitu, insiste sur l'importance de la tenue de bonnes élections pour mettre fin à la crise de légitimité et son corollaire, la dégradation des conditions de vie non seulement à l'Est, mais également sur toute l'étendue du pays où le pouvoir d'achat de la population ne fait que s'émietter.

Et pour des élections crédibles, ce regroupement politique en appelle à la dépolitisation de la CENI. Que cette organisation d'appui à la démocratie soit exclusivement dirigée par la société civile neutre, des membres des 8 confessions religieuses apolitiques pour éviter toute pesanteur partisane. Cela pour éviter les calculs politiciens du genre de la 'demande d'organiser le recensement général de la population avant les élections ou de réviser la Constitution pour faire table rase des années FCC/CACH pour faire débuter le mandat actuel à l'installation du gouvernement Sama Lukonde', martèle Devos Kitoko. Décriant 'le clientélisme qui gangrène le Parlement, le SG de l'Ecidé propose que chaque composante de la tripartite FCC (encore fidèle à Kabila), Union sacrée (CACH élargie aux FCC et aux MLC/Ensemble) ainsi que Lamuka (Ecidé et Nouvel élan) apporte son projet de réformes qui soit discuté dans une tripartite 'Extra-parlementaire'.

Pour le Sg, Lamuka est déjà prêt avec son projet des réformes et même un calendrier détaillé menant à 2023. Et pour prouver qu'ils ont la légitimité avec eux, le Pr Devos Kitoko fixe rendez-vous à tous, et appelle tous les résistants à sortir massivement ce 24 avril 2021 pour soutenir la population massacrée de Est.

Une idée qui ne passe pas

 

Proposer, c’est une chose et en donner un contenu opposable à tous, en est une autre. Pouvons-nous logiquement admettre une tripartite extra-parlementaire, là où il y a un parlement qui joue valablement son rôle ? Pouvons-nous jeter de l’opprobre sur tout un parlement au sein duquel les députés Lamuka n’ont jamais démissionné ? Sinon, quel est le sens de cette proposition, si pas un souci du repositionnement politique ? Tout le monde a cru que la proposition de loi Lutundula était une occasion pour une refonte en profondeur du processus électoral congolais. Bien avant cette initiative parlementaire, les élus du peuple ont auditionné les deux rapports de la CENI, qui prévoient aussi des réformes à n‘entreprendre pour des bonnes élections et ainsi minimiser les causes des troubles post-électorales. Malheureusement, Lamuka n’a pas profité de cette occasion pour faire des propositions concrètes.

 

En réalité, Lamuka miné par des problèmes internes de bicéphalisme, ne veut pas disparaitre ; il veut s’accrocher. Lamuka propose un dialogue, qui va lui permettre de se retrouver au pouvoir, afin de mieux préparer les échéances de 2023. Toute chose restant égale par ailleurs, Lamuka ne peut pas prétendre se représenter en 2023 sans un véritable budget et un discours cohérent.

 

Sera-t-il écouté par d’autres partenaires, comme l’union sacrée de la nation du président de la République et le Front Commun pour le Congo (FCC) du président honoraire de la République ? Qu’à cela ne tienne, Lamuka n’a pas d’autres choix que de se préparer pour les prochaines échéances électorales. Car  le dialogue qu’il souhaite risque de ne jamais avoir lieu, parce que pas opportun pour l’instant.

 



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