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Décédé à Versailles (Paris): Monsengwo retourne à son Créateur

Donné pour mort lundi 5 juillet 2021, c’est ce dimanche 11 Juillet 2021 à Versailles en France, que Laurent Cardinal Monsengwo, comme tout humain tiré du sol, est entré dans la mémoire collective pour l’éternité à l’âge de 82 ans ! Le communiqué signé par le Chancelier de l’archidiocèse de Kinshasa, l’Abbé Georges Njila J est venu mettre fin aux hésitations, tergiversations et craintes de tomber dans les fake news, qui faisaient nuages dans les rédactions. Tous étaient dans l’attente de l’annonce officielle venant de l’Eglise catholique bien que, comme un secret de polichinelle, depuis déjà quelques heures, il se murmurait que le Cardinal émérite avait tiré sa révérence.

 

Le Cardinal Laurent Monsengwo Pasigna, appelé affectueusement « Tata Cardinal », retournera à Kinshasa, son pays, dans une caisse après sa mort intervenue hier dimanche dans la ville de Versailles (France), où il avait été évacué pour des soins appropriés. L’auteur-compositeur de la chanson : « Kinshasa, telema ongenge na mwinda mwa Kristu » est retourné chez son Créateur, celui qu’il a tant aimé et servi durant toute sa vie terrestre. En prophète éclairé, il lancera : « que les médiocres dégagent », non pas pour s’attaquer à un régime, pour interpeller les uns et les autres pour plus d’actions pour le développement du pays et le bonheur du peuple.

 

Très peu de congolais seraient en mesure de situer son village dans sur une carte de la République Démocratique du Congo (RDC), rares seront ceux qui ne n’auront rien à dire sur Monsengwo, le natif de ce village situé dans la province de Mai Ndombe, issue du démembrement de l’ex-province de Bandundu. Né le 7 octobre 1939, le Cardinal Monsengwo, Archevêque de Kinshasa (République démocratique du Congo) depuis 2007, a particulièrement écrit ses lettres de noblesse dans l’Archidiocèse de Kisangani, où il fut archevêque métropolitain   succédant à Monseigneur Fataki au début des années 80. Il fera ses études primaires à Nyoki et secondaires au petit séminaire de Bokoro, toujours dans l’ex-province de Bandundu avant d’intégrer le Grand séminaire de Kabwe dans le Kasai où Il fait le cycle de philosophie avant de partir pour l’Université Pontificale Urbanienne à Rome suivre le cycle de théologie.

 

C’est le 21 décembre 1963 qu’il est ordonné prêtre pour le diocèse d’Inongo (dans le Mai-Ndombe) par le Cardinal Agagianian, Préfet de la congrégation pour la propagation de la foi. Il sera le premier Africain à obtenir un doctorat à l’Institut Biblique Pontifical de Rome. Quand il rentre au Zaïre (actuellement RDC), il occupe différents postes de professeur de théologie à la Faculté de Théologie Catholique de Kinshasa et dans plusieurs séminaires, notamment Jean XXIII à Kinshasa. De 1976 à 1980, il est Secrétaire général de la Conférence Épiscopale du Zaïre. Le 13 février 1980, il est nommé évêque auxiliaire d’Inongo. Il reçoit les consécrations épiscopales le 4 mai suivant, des mains même du pape Jean-Paul II.

 

Dès le 7 avril 1981, il est transféré à Kisangani, toujours comme évêque auxiliaire. En 1984, il est élu Président de la Conférence Épiscopale du Zaïre (CEZ), poste qu’il conserve jusqu’en 1992. En 1987, il est également élu membre du Conseil du Secrétariat Général du Synode des évêques, poste auquel il est réélu en 1990 et en 2001. Le 1er septembre 1988, il est promu Archevêque de Kisangani. A ce poste, il s’impose comme l’un des acteurs politiques majeurs de la période de retour à la démocratie qui a suivi le régime de Mobutu. Ainsi en 1991, il devient Président du Bureau de la Conférence nationale souveraine puis, de 1992 à 1996 du Haut conseil de la république, érigé en parlement de transition en 1994 (HCR/PT).

 

En 1997, après en avoir été premier vice-président pendant trois ans, il est élu président du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM), poste qu’il conserve jusqu’en 2003. En 2002, il devient vice-président de Pax Christi international et en 2004 il est élu président de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO).

Un politicien en soutane ou un pasteur ?

Comme le dit dans les colonnes du journal l’Avenir dans sa livraison du 6 juillet 2021, n°7554 en page 5 sous le titre « Monsengwo, concilier les ‘convergences parallèles’ « Chaque génération des congolais, particulièrement depuis la fin du monopartisme au Zaïre (actuelle RDC), a son portrait de l’Homme, Laurent Cardinal Monsengwo Pasinya. Aucune célébrité du monde ecclésiastique n’a été aussi emblématique que ce prélat catholique, l’un des ‘trois mousquetaires’ de la démocratie multipartiste naissante du Zaïre des années 90, constitué de « Mobutu Sese Seko- Etienne Tshisekedi Wa Mulumba et Laurent Monsengwo Pasinya».

 

Ce qui lui colla l’image de ‘politicien en soutane’, selon les dires de Mobutu pendant la Conférence nationale souveraine.  Face aux rumeurs l’annonçant candidat à l’élection présidentielle, Monsengwo déclara lors d’un point presse : « Je n’envie pas le pouvoir politique. Si je le voulais, je l’aurais pris en 1997, avec la chute de Mobutu, mais je ne l’ai pas fait, car mon pouvoir ecclésiastique est 1000 fois supérieur au pouvoir politique ». En effet, à l’entrée de l’Alliance des forces démocratique pour la libération (AFDL), le Président du HCR/PT, devait succéder ‘légalement’ au Maréchal Mobutu après la vacance du pouvoir consécutive à la fuite du Chef de l’Etat du Zaïre.  Le 6 décembre 2007, Benoît XVI le transfert au siège métropolitain de Kinshasa. Il est créé Cardinal par Benoît XVI lors du consistoire du 20 novembre 2010. Il reçoit alors le titre de Cardinal-prêtre de Santa Maria « Regina Pacis » in Ostia mare.



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